Catégorie : Confessions Intimes

Assaisonnements

Ces jours-ci, je suis un peu perturbée de commencer une nouvelle vie dans un nouvel endroit et dans une nouvelle lumière, mais j’espère qu’un véritable automne sera bientôt là, parce que c’est ma saison préférée.

C’est étrange et rassurant de se dire que son foyer n’est pas un lieu mais une saison.

Parfois je pars dans des délires New Age et je me dis que si je me sens angoissée au cœur de l’été, puis rassurée dès que septembre se profile, c’est peut-être parce que mon faux jumeau/fausse jumelle a fuité fin juillet et que c’est vers l’automne que j’ai dû me cramponner à l’utérus pour de bon, mais j’étouffe vite cette pensée ridicule, parce que j’ai ma dignité.

L’attrait magique que l’automne a sur moi et sur tant d’autres a tellement d’explications rationnelles. Par exemple les conditionnement de l’école dès la petite enfance. Les vacances sont finies, l’été disparaît cellule morte après cellule morte au rythme des exfoliations naturelles et quelque chose se profile. On ne sait pas encore quoi. Positif ou négatif ? La balance n’a même pas encore frémi vers l’un ou l’autre. On verra bien.

Je ne retrouve dans aucune autre saison une si parfaite expression de ce qu’est la vie. D’infimes morts et d’infimes renouveaux imbriqués jusqu’à l’indifférenciation.

Chaque année j’essaie de mettre des mots sur l’automne, et chaque année ils m’échappent. What’s more delightful than that, buddy?

LALOBA2

« Et ce soir on ira faire la siesta, la siesta »

SIESTA

(Dans un prochain post, retrouvez un court poème hommage aux élastiques de slip détendus). Je viens de terminer un petit bouquin de David Lynch intitulé « Catching the Big Fish ». Il y parle de méditation, de cinéma et de créativité et ma foi, c’est bien sympa (contrairement à ce que cette expression pourrait laisser croire, je ne suis pas née dans les années 50).

Ce n’est pas un essai, mais plutôt un recueil de courts textes lisibles séparément. Tellement courts parfois que ça me donne envie de rire. Exemple, au chapitre « Bob’s Big Boy » : « J’avais l’habitude d’aller presque tous les jours au Big Boy’s Restaurant, du milieu des années 70 au début des années 80. Je prenais un milk shake, et je m’asseyais pour réfléchir. Réfléchir dans un diner a quelque chose de rassurant. Vous pouvez boire votre café ou votre milk shake, vous aventurer dans des endroits sombres et étranges, et toujours revenir à la sécurité du diner. » C’est tout. Parfois, c’est presque dangereusement proche des poèmes de Suzanne Somers (voir ci-dessous), mais la plupart du temps c’est intéressant, plutôt inspirant, et parsemé d’anecdotes sur les films à David.

Je vous laisse en compagnie d’un supplément de poésie :