Auteur/autrice : Estelle Vonfeldt

Amish you too

Hier, j’ai regardé « Révolte chez les Amish » et « Quitter les Amish«  (oui, j’ai des soirées passionnantes), un documentaire en deux parties sur… des Amish (surpriise !) excommuniés de leur communauté pour avoir enfreint plusieurs règles, notamment en choisissant d’étudier la Bible en anglais, et donc de découvrir ce qu’il y a réellement dedans. Le premier docu suit en particulier deux frères. L’un s’est déjà fait excommunier, l’autre est convoqué devant le tribunal religieux pour plaider sa cause et éviter de subir le même sort. Le premier décide donc d’aider le second à préparer sa défense. Pour cela, ils choisissent de comparer les fautes qui leurs sont reprochées aux interdits bibliques. Mais comme les Amish arrêtent l’école à 14 ans, certains mots comme « fornication » ou « ripaille » leur échappent. L’un regarde donc dans le dictionnaire dès que l’autre bute sur un terme. Perplexe face à « insurrection », il commence à lire une définition : « Mode d’attache. Intégration d’un individu dans un milieu… Euh… » Quand soudain, cette scène à l’incroyable portée symbolique : 

(oui, c’est tout. Oh, c’est que j’ai pas que ça à foutre. J’ai un vrai travail (lol de feu), pis faut que j’aille manger de l’omelette aux pommes de terre.)

Flamby to the Moon

Vous savez quoi ? J’ai bien les boules. Pas tout le temps, précisons-le. J’alterne entre pics d’idéalisme immatures et grosse rage intériorisée, deux élans tout aussi stériles puisqu’ils ne me mènent absolument nulle part si ce n’est dans les bras dodus de l’apéritif. Pourquoi j’ai les boules ? Je vous explique : depuis toujours, deux catcheurs chevronnés s’affrontent dans ma tête. Walker Clairvoyance et Mister No See. Walker Clairvoyance est énorme. Un bestiaux de deux mètres sur deux rapide comme Son Goku au sommet de son art. Il a toujours été là, tous réflexes dehors, à m’alerter sur la vraie nature des uns et des autres, ou l’absurdité des choses. Mais comme je n’aime pas trop qu’on fasse caca sur mon ring mental en permanence, j’ai très vite décidé de parier sur Mister No See. Mister No See fait beaucoup de bruit et maîtrise l’art de l’illusion à l’américaine. Il a donc réussi année après année à m’embarquer dans des épisodes que je savais pourris d’avance, en vertu de mon adage personnel, « Plutôt crever que d’admettre que la vie n’est pas un délicat pet de licorne flottant sur une partition de rires d’enfants« . Malheureusement, depuis quelques années, j’ai bien du mal à l’aider à récupérer entre deux combats, alors que Walker Clairvoyance, lui, tabasse sans même avoir besoin d’un changement de slip. Ça m’énerve. J’ai pas envie de finir dépitée et aigrie. Je veux que mes posters fluo et mes pin’s à paillettes tapissent le plus longtemps possible mon cerveau. Le problème, c’est que quand ton champion perd tous ses matchs, tu finis par ne plus trop croire en sa victoire finale. Je vois d’ici Walker Clairvoyance brandir sa ceinture du WWE Championship sous le nez de mon poulain en bavant : « Ha ha ha haaa ! Tu croyais m’enterrer ? Tu te fourrais le tampon dans l’oeil, infâme petite merde. » Et Mister No See de se voir immédiatement surnommé « Flamby to the Moon » par la presse sportive en raison de sa mollitude bisounoursienne longue durée. Donc j’ai les boules, je suis fatiguée et j’écoute beaucoup de hachipéachopé pour extérioriser. Fin de l’histoire.