Flamby to the Moon

Vous savez quoi ? J’ai bien les boules. Pas tout le temps, précisons-le. J’alterne entre pics d’idéalisme immatures et grosse rage intériorisée, deux élans tout aussi stériles puisqu’ils ne me mènent absolument nulle part si ce n’est dans les bras dodus de l’apéritif. Pourquoi j’ai les boules ? Je vous explique : depuis toujours, deux catcheurs chevronnés s’affrontent dans ma tête. Walker Clairvoyance et Mister No See. Walker Clairvoyance est énorme. Un bestiaux de deux mètres sur deux rapide comme Son Goku au sommet de son art. Il a toujours été là, tous réflexes dehors, à m’alerter sur la vraie nature des uns et des autres, ou l’absurdité des choses. Mais comme je n’aime pas trop qu’on fasse caca sur mon ring mental en permanence, j’ai très vite décidé de parier sur Mister No See. Mister No See fait beaucoup de bruit et maîtrise l’art de l’illusion à l’américaine. Il a donc réussi année après année à m’embarquer dans des épisodes que je savais pourris d’avance, en vertu de mon adage personnel, « Plutôt crever que d’admettre que la vie n’est pas un délicat pet de licorne flottant sur une partition de rires d’enfants« . Malheureusement, depuis quelques années, j’ai bien du mal à l’aider à récupérer entre deux combats, alors que Walker Clairvoyance, lui, tabasse sans même avoir besoin d’un changement de slip. Ça m’énerve. J’ai pas envie de finir dépitée et aigrie. Je veux que mes posters fluo et mes pin’s à paillettes tapissent le plus longtemps possible mon cerveau. Le problème, c’est que quand ton champion perd tous ses matchs, tu finis par ne plus trop croire en sa victoire finale. Je vois d’ici Walker Clairvoyance brandir sa ceinture du WWE Championship sous le nez de mon poulain en bavant : « Ha ha ha haaa ! Tu croyais m’enterrer ? Tu te fourrais le tampon dans l’oeil, infâme petite merde. » Et Mister No See de se voir immédiatement surnommé « Flamby to the Moon » par la presse sportive en raison de sa mollitude bisounoursienne longue durée. Donc j’ai les boules, je suis fatiguée et j’écoute beaucoup de hachipéachopé pour extérioriser. Fin de l’histoire.

5 réflexions sur « Flamby to the Moon »

  1. Allez, va, faut pas t’en faire pour Monsieur Tivoirien (on t’a déjà fait jouer des sketches en colonie de vacances? moi, c’était il y a un peu plus de dix ans, et les personnages à la CON qui s’appellent Tivoirien et qui vont acheter des piles ou qui font des excès de vitesse, je m’en souviens encore). Viens, je t’invite à manger une panna cotta à la compote de pommes et aux amandes grillées chez le rital en face de chez moi. Tu veux?

  2. Ton blog est tellement génial.
    C’est le plus drôle que je connaisse. Vraiment.

    Sinon pour ton affaire, je crois qu’on peut être Clairvoyance et heureux. C’est un coup à prendre.

  3. Juste, la panna cotta tient toujours, tu me dis quand tu passes par chez moi, du côté de la Prenzlauer Allee, et c’est parti ma coquille.

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