Auteur/autrice : Estelle Vonfeldt

« Ça sent L’Air de Panache, ici »…

Je sais bien qu’aimer les films de Wes Anderson, c’est comme dire « Oh J’A-DORE les food trucks », « Vraiment bien, ce reportage sur Portland », ou encore « J’aimerais vivre proche de la nature, mais tu comprends pour le boulot c’est pas évident ». Mais que voulez-vous. Pour citer Ramzy justifiant son addiction aux Sardines de Patrick Sébastien : « J’aime bien, j’aime bien ! J’AIME BIEN. »

Je suis donc allée voir le dernier Anderson en date, The Grand Budapest Hotel, bien remontée par les images prometteuses que la B.O d’Alexandre Desplat me suggérait, mais presque préparée à être déçue, faut l’avouer. Or, pour la première fois depuis The Royal Tenenbaums, j’ai beaucoup ri, un peu pleuré et j’en ai pris plein la gueule esthétiquement sans pour autant avoir le sentiment gênant d’en oublier l’histoire comme c’est parfois le cas avec les films de Wes Anderson.

Je pense que si vous êtes touché par ces photos de cinémas, de salles de bal et de théâtres abandonnés, où le sillage des vies et des époques passées semble encore flotter dans l’air, vous devriez être touché par ce film. Si pas, il vous reste cette rocambolesque histoire de meurtre, d’héritage convoité, de tableau en fuite et de course-poursuite dans la neige. Et si encore pas, vous êtes tout à fait en droit de m’envoyer des pâtisseries Mendl’s à la gueule (du moment que c’est du manger, y a pas de problème).

PS : ça faisait longtemps que j’avais pas vu Ralph Fiennes dans un rôle comme celui-là, la vérité ça fait plaisir.

À part ça : mon dieu, vous avez vu comme j’ai massacré ce pauvre F. Murray Abraham dans son (bonnet de) bain ? Je sais pas, au départ je l’avais, et puis paf ! Le drame. C’est pas grave. Comme y disent dans Top Chef : « Si je tente pas des trucs maintenant, alors quand, je te le demande ? ». Ouais, bon.





GrandBudapestHotel


Je vous remets la bande annonce, au cas où vous l’auriez pas vue :


Soudain, le weekend dernier

L’anecdote ci-dessous est authentique (sauf Chimay, rajoutée pour ajouter un peu de peps, un peu de wouahou, un peu de félin). Ça m’apprendra à délirer à moitié sous l’effet d’un petit virus de rien du tout.

À part ça, si vous avez eu des cartes des Crados (Garbage Kids en V.O), j’espère que vous les avez gardées, ou que vos parents les ont pas vendues à la braderie du village en même temps que votre Tricky Bille (2 euros l’unité ; 1,5 euros si acheté avec Les Mystères de Pékin et Soviet System), votre authentique mini-lampe à huile cadeau La Blanche Porte léguée par votre mémé et vos Pog’s (oui, je mélange les époques, eh alors, je vous ai pas sonné, les historiens des jeux !).

J’espère que vous les avez toujours, donc, car y paraît qu’aujourd’hui ça vaut son pesant d’or. Je dis ça je dis rien, mais ça peut faire un complément de retraite le temps venu. Je crois que c’est notre cousine qui nous avait fait découvrir ces cartes magiques pendant un repas de famille, telle une dealeuse faisant passer sa dose. J’étais fascinée. C’était comme si j’avais découvert le Graal. C’était si dégueu mais si drôle ; si drôle mais si dégueu… Avec les rafales de vannes et les détournements de chansons improvisés de notre père, je crois que c’est un peu de là que je tiens mon amour débordant des manipulations lexicales. J’étais loin de me douter à l’époque qu’Art Spiegelman était à l’origine de ce monument de l’Histoire des arts populaires, mes amis.

WINDY