Point circulation

Moi il y a quelques semaines : « Ah voilà, je vais plus du tout me faire chier, je vais colorier mes BD avec des crayons de couleur direct sur la feuille, je scanne n’imp, je retouche pas et voilà. POINT. BARRE. NIQUE-TOI, PHOTOSHOP ! »
Moi aujoud’hui : « Pourquoi mes couleurs rendent comme ça ? C’est super moche, MERDE, MARRE « 

Je vous parie mon slip que le prochain post sera réalisé avec couleurs de l’ordinateur de photoshop comme avant.

La vie est pleine de rebondissements.

Terrarium

Sous la pluie, je fixe la vitrine de cette boutique entièrement consacrée aux terrariums. Je ne sais plus ce qui est dit sur le petit carton de présentation. Une histoire de mini-univers ou de mondes miniatures, peut-être.

Mes neveux, qui marchent devant moi, se demandent ce que je fais, pourquoi leur tata bloque devant ces parcelles de plantes sous des capuches en verre.

Je me sens mal à l’aise. Je repense à ces terrariums en métal cuivré si esthétiques, leurs cactées transpirant au sous-sol du Monoprix d’Asnières entre les bidons d’allume-feu liquide et les lots de chips.

Notre engouement pour les terrariums, les motifs végétaux, les housses de couette ornées de luxuriantes feuilles de bananiers, les sérigraphies botaniques… Toutes ces représentations de représentations de représentations de la nature qui semblent menacer de remplacer la substance de leur modèle par un lent processus de plastination.

Les terrariums, ces parfaits petits mondes avec tellement juste ce qu’il faut de vivant qu’ils ne paraissent plus vivants du tout. J’ai lu que leur fonction première était de préserver des espèces enlevées à leur écosystème naturel, pour les observer et les cultiver ailleurs. Nous adorons les terrariums, pendant que nous nous révélons incapables d’empêcher la destruction du nôtre.

Au survol

La semaine dernière, je suis allée passer 3 jours à Dublin toute seule. Il faut savoir que j’ai très peu exploré le monde dans ma vie, et encore moins toute seule. Voyager est une chose simple pour beaucoup, mais pour moi c’est une montagne. L’un de ces plaisirs que je ne m’autorise pas, empêchée par une trame solide de peurs et d’interdictions plus ou moins conscientes.

Pendant le vol du retour, j’ai passé de longues minutes à observer le paysage, fascinée par le réseau lumineux que formaient les constructions humaines dans la nuit. Les villes, les villages, les routes, les bateaux. L’enfant en moi y voyait un filigrane d’or vieilli d’une beauté irréelle. L’adulte coupable pensait à un lichen nitrophile recouvrant la surface terrestre chaque jour un peu plus, sa terrible beauté symptomatique de notre action.

Puis je me suis demandée : « Où sont les voitures ? Est-ce que tu les vois bouger ? » et j’ai fixé les routes à la recherche d’un mouvement. Tout semblait figé, jusqu’à ce qu’un effort supplémentaire de concentration me permette de distinguer l’avancée d’un véhicule. Lent, si lent, tellement lent qu’il semblait immobile. Par un jeu de perspective quasi-inversée, je me suis revue petite, terrifiée dans mon lit à l’idée de l’infini, de l’univers, de ce qu’il impliquait quant à la valeur de nos existences.

Il y a longtemps, je crois avoir lu que dans certains moments de grands dangers, les êtres humains percevaient soudain quelques secondes comme une éternité. Un étirement du temps qui leur permettrait quoi, déjà ? De pouvoir réagir ? De s’ajuster à leur propre mort, le fameux « voir sa vie défiler devant ses yeux » ?

Là-haut, voir cette voiture progresser comme pousse un brin d’herbe m’a procuré un inexplicable réconfort. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être que je l’ai pris comme un rappel que tout ce qui paraît trop rapide peut être ralenti, même nos vies qui paraissent si petites.

Attentes vs Résultat

Ah, je vous jure… Travaille, au lieu de te plaindre, ESTAYL !!

Ça me rappelle ce moment douloureux au collège, quand notre prof d’art plastique nous a confié comme mission de faire une tache d’encre sur une feuille, puis de repartir chez nous créer quelque chose à partir de ça. Alors moi je me suis dit : « HAN SUPER ! La mienne on dirait un dinosaure. Je vais… Je vais en faire un dinosaure-ROBOT. Oui. Un… dinobot ! ». Après quoi, je me suis dit : « Suffit que je récupère de vieilles résistances sur la carte-mère de mon walkman* qui marche plus, ensuite je les colle sur le ventre de mon dinosaure, et ensuite j’ajouterai des volcans en éruption et une faune luxuriante en arrière-plan et bim bam bam, salut la sci-fi, le génie de l’art a encore frappé. » Ok, bon. Admettons. Mais pour réaliser cette vision digne de Jurassic Park vs Transformers : l’affrontement final, j’ai attendu le JOUR-MÊME du rendu. Pourquoi ? Parce que je rendais toujours tout à la dernière minute. Pourquoi ? Parce que j’étais un peu nonchalante. DONC. Me voici à la pause-déjeuner en train de démonter à toute vitesse les résistances de ma carte-mère avec… un couteau-suisse piqué dans le bureau de mon père. Et que croyez-vous qu’il arriva ? La lame du couteau s’est prestement rabattue sur la chair encore tendre de mon index adolescent, il a fallu foncer chez le toubib me faire recoudre le doigt, l’anesthésie a même pas marché, et en plus, le prof a pas été sensible à la fulgurance de mon œuvre. Moralité ? Trop de leçons à tirer de cette histoire. Choisissez la vôtre. #moraleinteractive #disruptiontotale

ALLEZ, SALUT LES ARTISTES ! N’ABANDONNEZ JAMAIS VOS RÊVES ! MAIS RESPECTEZ LES BONNES PRATIQUES DE SÉCURITÉ EN LES RÉALISANT ! Signé : Mamie ISO.

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* Et alors ? Tout le monde peut pas être né-e après 1990 !!