J’ai des feutres et une coiffure tous neufs. Faut que je m’habitue aux deux. J’ai pas trop le temps de faire autre chose que dessiner n’importe quoi dans mon petit carnet et pas trop l’envie de faire autre chose qu’absorber des dizaines de romans et de BD, mais je vais vous dire : ce que j’aime quand je dessine, c’est que ça m’incite à regarder les gens sans me contenter de les survoler. Bien que le résultat soit maladroit, j’en retire toujours une connaissance supplémentaire. Par exemple, la dame qui ressemble à Chucky en vieux, là, c’est Doris Lessing (désolée, Doris). Et si je n’avais pas passé quelques minutes à la massacrer dans mon carnet, je n’aurais sans doute pas remarqué son regard moins naïf et doux qu’il n’y paraît, ou son sourire en fait plus proche de la moue amusée. Ou même la classe incroyable de son col relevé et de sa main qui effleure la toile du canapé. J’ai l’impression d’être comme ces gens qui accumulent compulsivement tout un tas d’objets jugés inutiles. Je m’en fous, quand je mourrai, je me dirai « Ben c’est déjà ça. »
Madre de Dios, je suis stressée comme un petit chihuahua qu’on aurait balancé dans la piscine. Mais comme pendant le week-end j’ai dessiné ça, je prends 5 minutes (enfin 1 heure) pour le poster et diffuser ainsi un message très Anima sana in corpore sano. C’est encore moins lisible que d’habitude. « Jé souis dézeulay », comme dirait Madonna.
Oh, « 25 septembre ».Really? J’ai pas vu le temps passer, j’étais trop occupée à boire des Caipirinhas sur la plage avec Beyoncé. Enfin surtout moi. Bref, elle me disait « Estelle, c’est marrant you know, je m’aperçois qu’à 30 ans, j’ai déjà presque tout fait et tout vu. C’est fou, je me sens comme chargée de 100 vies. » Et elle ajoute, non sans avoir translaté son imposante crinière de la droite vers la gauche : « Heureusement que tu es là pour me rappeler qu’on peut avoir 30 ans passés et n’avoir rien fait de sa vie. »
Sur le moment, j’ai pris ça comme un compliment. Il faut dire que l’alcool nimbait toutes paroles d’un halo de positivité. Sauf que depuis j’ai dessaoulé, et je dois dire Beyoncé que j’apprécie moyen ton bitchism sous-terrain. Cependant, il me faut bien admettre que tu as raison. Dans nos sociétés où il faut avoir « trouvé son truc » à 18 ans et le garder jusqu’à 80, je me rends bien compte que j’ai du retard. Mais que voulez-vous, je suis un peu lente. Bien qu’obsédée par le temps qui passe (à 19 ans je me voyais déjà vieille et foutue, CQFD), je m’imagine toujours que j’ai le temps pour apprendre et m’améliorer. On dirait que je vis sur une autre planète où on aurait le droit de progresser petit pas par petit pas jusqu’à la mort, voire même de se « révéler » à un âge avancé.
Mais il est possible que je me trompe. Je suis peut-être juste une grosse procrastinatrice peu clairvoyante qui ne se rend pas compte que le temps, elle l’aura peut-être pas. Vous savez, l’allégorie de la grenouille (on la plonge dans l’eau froide, on augmente petit à petit la température > elle finit par cuire sans réagir). Voilà à quoi ça me fait penser. Ceci dit, il paraît que cette histoire de grenouille c’est du pipeau, et qu’augmentation progressive de la température ou pas, l’amphibien essaiera forcément de se barrer. Ergo, il y a peut-être un espoir. Sur ce, je vous laisse profiter de ce dimanche d’automne beau comme une gelée de mûres dans le soleil couchant.*
* cette comparaison vous est proposée par le Comité de Protection de l’Imagerie Terroir.
Aujourd’hui, un post historico-métaphysique qui pourrait s’intituler « L’empereur et la tapisserie ». Un titre et un thème très accrocheurs, tout le monde en conviendra. Apparté : vous trouvez pas que le Joffrey Baratheon de Game of Thrones ferait un bon Caligula ? Sur ce, bon dimanche. Je vous embrasse bien fort de dessous ma moustache acérée (je vous préviens, j’ai mangé un sandwich brie-cornichon ce midi).
Aujourd’hui, dimanche découverte, avec un post qui sent bon le piston et le jus de rouille. Je sais, vous n’aviez rien demandé. Avec ça, je vous mets une barquette de 6 nuggets sauce barbecue et un coca light, parce que c’est presque l’heure du goûter. Et aussi de la musique d’époque, tel un message d’amour éternel aux miens, et parce que ça crée l’ambiance.
Je sais, mais je vous ferais dire que ce blog est en quelque sorte la fosse s(c)eptique de mon cerveau. Ergo, y mettre n’importe quoi n’importe comment est un droit. En plus c’est ma pause déjeuner, donc je peux. Et puis je me suis quand même foulée pour le titre, ça mérite l’absolution.
Si je fondais un gang de motards, je l’appellerais comme ça. Mais j’ai peur quand je dois conduire mon vélo en ville et j’ai toujours pas le permis, donc je vois mal comment ce rêve pourrait se réaliser. C’est pas grave, à défaut, ça me sert à baptiser un post compréhensible uniquement par les gens qui habitent dans mon cerveau. « Jean-Pierre, s’il te plaît, tu peux arrêter de marcher avec des talons ? Ça résonne dans ma tête. Cassandra, tu chantes faux. Arrête. Et puis d’abord, de quel droit tu te sens autorisée à parasiter la fréquence radio de mon cerveau gauche ? Non, je ne veux pas le savoir, tu prépareras le Conservatoire un autre jour et pis c’est tout. » Enfin vous voyez le genre.