Point circulation

Publié le: 11 octobre 2019 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | 2 commentaires »

Moi il y a quelques semaines : « Ah voilà, je vais plus du tout me faire chier, je vais colorier mes BD avec des crayons de couleur direct sur la feuille, je scanne n’imp, je retouche pas et voilà. POINT. BARRE. NIQUE-TOI, PHOTOSHOP ! »
Moi aujoud’hui : « Pourquoi mes couleurs rendent comme ça ? C’est super moche, MERDE, MARRE « 

Je vous parie mon slip que le prochain post sera réalisé avec couleurs de l’ordinateur de photoshop comme avant.

La vie est pleine de rebondissements.


Flunchy likes this!

Publié le: 9 octobre 2019 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

Vous allez me dire « Oui ben moi je peux pas me permettre de faire une crise du milieu de vie, j’ai des enfants à élever » et blablabla. Ben vous aviez qu’à pas faire d’élevage d’enfants, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! Allez salut, faut que j’aille me ronger les ongles de pieds en pyjama.


Terrarium

Publié le: 27 septembre 2018 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Tags: | 2 commentaires »

Sous la pluie, je fixe la vitrine de cette boutique entièrement consacrée aux terrariums. Je ne sais plus ce qui est dit sur le petit carton de présentation. Une histoire de mini-univers ou de mondes miniatures, peut-être.

Mes neveux, qui marchent devant moi, se demandent ce que je fais, pourquoi leur tata bloque devant ces parcelles de plantes sous des capuches en verre.

Je me sens mal à l’aise. Je repense à ces terrariums en métal cuivré si esthétiques, leurs cactées transpirant au sous-sol du Monoprix d’Asnières entre les bidons d’allume-feu liquide et les lots de chips.

Notre engouement pour les terrariums, les motifs végétaux, les housses de couette ornées de luxuriantes feuilles de bananiers, les sérigraphies botaniques… Toutes ces représentations de représentations de représentations de la nature qui semblent menacer de remplacer la substance de leur modèle par un lent processus de plastination.

Les terrariums, ces parfaits petits mondes avec tellement juste ce qu’il faut de vivant qu’ils ne paraissent plus vivants du tout. J’ai lu que leur fonction première était de préserver des espèces enlevées à leur écosystème naturel, pour les observer et les cultiver ailleurs. Nous adorons les terrariums, pendant que nous nous révélons incapables d’empêcher la destruction du nôtre.


Aux merles disparus

Publié le: 17 avril 2018 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

En fouillant dans mes carnets à la recherche d’infos sur un endroit dont je veux parler depuis longtemps, je suis tombée sur quelques notes que j’ai prises à la va-vite un week-end d’octobre 2013, chez mes parents.

Pendant le repas du soir, évoquant les raisons de leur installation dans ce village du Nord, dans cette maison que ma sœur, mon frère et moi avons toujours connue, notre père nous avait raconté ceci :

« Quand on a visité cette maison, je me rappellerai toujours… Il y avait plein de merles qui chantaient dans les arbres, derrière la maison. « Plou plou plou plou plou ! ». La fenêtre de la chambre était ouverte. Mon père s’est approché et il a commencé à parler aux merles en arabe. Les merles se sont tus un instant, puis se sont remis à chanter. Puis mon père s’est remis à leur parler en arabe, puis les merles se sont tus et ainsi de suite.
C’est le dernier souvenir que j’ai de mon père. Avec votre mère, on s’est mariés en septembre 68, et il est mort en mai. »

À l’origine, mes parents avaient acheté cette maison pour que notre grand-mère et notre grand-père puissent s’y installer, mais vous voyez, les choses ont tourné autrement.

Nous n’avons jamais connu ce grand-père qui parlait aux merles en arabe. Il est mort d’un cancer du poumon bien avant notre naissance. Il reste de lui un pied de vigne qu’il avait planté au pied de la maison, sous cette fenêtre où il avait parlé aux oiseaux. Personne ne sait ce qu’il leur a dit jour-là.


Au survol

Publié le: 8 janvier 2018 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

La semaine dernière, je suis allée passer 3 jours à Dublin toute seule. Il faut savoir que j’ai très peu exploré le monde dans ma vie, et encore moins toute seule. Voyager est une chose simple pour beaucoup, mais pour moi c’est une montagne. L’un de ces plaisirs que je ne m’autorise pas, empêchée par une trame solide de peurs et d’interdictions plus ou moins conscientes.

Pendant le vol du retour, j’ai passé de longues minutes à observer le paysage, fascinée par le réseau lumineux que formaient les constructions humaines dans la nuit. Les villes, les villages, les routes, les bateaux. L’enfant en moi y voyait un filigrane d’or vieilli d’une beauté irréelle. L’adulte coupable pensait à un lichen nitrophile recouvrant la surface terrestre chaque jour un peu plus, sa terrible beauté symptomatique de notre action.

Puis je me suis demandée : « Où sont les voitures ? Est-ce que tu les vois bouger ? » et j’ai fixé les routes à la recherche d’un mouvement. Tout semblait figé, jusqu’à ce qu’un effort supplémentaire de concentration me permette de distinguer l’avancée d’un véhicule. Lent, si lent, tellement lent qu’il semblait immobile. Par un jeu de perspective quasi-inversée, je me suis revue petite, terrifiée dans mon lit à l’idée de l’infini, de l’univers, de ce qu’il impliquait quant à la valeur de nos existences.

Il y a longtemps, je crois avoir lu que dans certains moments de grands dangers, les êtres humains percevaient soudain quelques secondes comme une éternité. Un étirement du temps qui leur permettrait quoi, déjà ? De pouvoir réagir ? De s’ajuster à leur propre mort, le fameux « voir sa vie défiler devant ses yeux » ?

Là-haut, voir cette voiture progresser comme pousse un brin d’herbe m’a procuré un inexplicable réconfort. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être que je l’ai pris comme un rappel que tout ce qui paraît trop rapide peut être ralenti, même nos vies qui paraissent si petites.