Temps mou

Publié le: 15 novembre 2019 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

Je soupçonne ce sandwich au brie acheté à la gare mercredi midi. Ou bien je suis devenue allergique à la bière ? Ou bien c’est l’âge ? Ou bien de la somatisation ? Mais de quoi ? Ou bien un virus issu du changement climatique ? Mystères du corps humain. Confondante complexité des systèmes vivants. En tout cas, ça va bien mieux. Demain matin, je serai de nouveau moi-même : ce monstre de productivité et de résistance, cet être trop parfait dont vous êtes tou•t•e•s jaloux•ses.


Point circulation

Publié le: 11 octobre 2019 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | 2 commentaires »

Moi il y a quelques semaines : « Ah voilà, je vais plus du tout me faire chier, je vais colorier mes BD avec des crayons de couleur direct sur la feuille, je scanne n’imp, je retouche pas et voilà. POINT. BARRE. NIQUE-TOI, PHOTOSHOP ! »
Moi aujoud’hui : « Pourquoi mes couleurs rendent comme ça ? C’est super moche, MERDE, MARRE « 

Je vous parie mon slip que le prochain post sera réalisé avec couleurs de l’ordinateur de photoshop comme avant.

La vie est pleine de rebondissements.


Flunchy likes this!

Publié le: 9 octobre 2019 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

Vous allez me dire « Oui ben moi je peux pas me permettre de faire une crise du milieu de vie, j’ai des enfants à élever » et blablabla. Ben vous aviez qu’à pas faire d’élevage d’enfants, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ! Allez salut, faut que j’aille me ronger les ongles de pieds en pyjama.


Terrarium

Publié le: 27 septembre 2018 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Tags: | 2 commentaires »

Sous la pluie, je fixe la vitrine de cette boutique entièrement consacrée aux terrariums. Je ne sais plus ce qui est dit sur le petit carton de présentation. Une histoire de mini-univers ou de mondes miniatures, peut-être.

Mes neveux, qui marchent devant moi, se demandent ce que je fais, pourquoi leur tata bloque devant ces parcelles de plantes sous des capuches en verre.

Je me sens mal à l’aise. Je repense à ces terrariums en métal cuivré si esthétiques, leurs cactées transpirant au sous-sol du Monoprix d’Asnières entre les bidons d’allume-feu liquide et les lots de chips.

Notre engouement pour les terrariums, les motifs végétaux, les housses de couette ornées de luxuriantes feuilles de bananiers, les sérigraphies botaniques… Toutes ces représentations de représentations de représentations de la nature qui semblent menacer de remplacer la substance de leur modèle par un lent processus de plastination.

Les terrariums, ces parfaits petits mondes avec tellement juste ce qu’il faut de vivant qu’ils ne paraissent plus vivants du tout. J’ai lu que leur fonction première était de préserver des espèces enlevées à leur écosystème naturel, pour les observer et les cultiver ailleurs. Nous adorons les terrariums, pendant que nous nous révélons incapables d’empêcher la destruction du nôtre.


Aux merles disparus

Publié le: 17 avril 2018 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

En fouillant dans mes carnets à la recherche d’infos sur un endroit dont je veux parler depuis longtemps, je suis tombée sur quelques notes que j’ai prises à la va-vite un week-end d’octobre 2013, chez mes parents.

Pendant le repas du soir, évoquant les raisons de leur installation dans ce village du Nord, dans cette maison que ma sœur, mon frère et moi avons toujours connue, notre père nous avait raconté ceci :

« Quand on a visité cette maison, je me rappellerai toujours… Il y avait plein de merles qui chantaient dans les arbres, derrière la maison. « Plou plou plou plou plou ! ». La fenêtre de la chambre était ouverte. Mon père s’est approché et il a commencé à parler aux merles en arabe. Les merles se sont tus un instant, puis se sont remis à chanter. Puis mon père s’est remis à leur parler en arabe, puis les merles se sont tus et ainsi de suite.
C’est le dernier souvenir que j’ai de mon père. Avec votre mère, on s’est mariés en septembre 68, et il est mort en mai. »

À l’origine, mes parents avaient acheté cette maison pour que notre grand-mère et notre grand-père puissent s’y installer, mais vous voyez, les choses ont tourné autrement.

Nous n’avons jamais connu ce grand-père qui parlait aux merles en arabe. Il est mort d’un cancer du poumon bien avant notre naissance. Il reste de lui un pied de vigne qu’il avait planté au pied de la maison, sous cette fenêtre où il avait parlé aux oiseaux. Personne ne sait ce qu’il leur a dit jour-là.