Au survol

Publié le: 8 janvier 2018 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Aucun commentaire »

La semaine dernière, je suis allée passer 3 jours à Dublin toute seule. Il faut savoir que j’ai très peu exploré le monde dans ma vie, et encore moins toute seule. Voyager est une chose simple pour beaucoup, mais pour moi c’est une montagne. L’un de ces plaisirs que je ne m’autorise pas, empêchée par une trame solide de peurs et d’interdictions plus ou moins conscientes.

Pendant le vol du retour, j’ai passé de longues minutes à observer le paysage, fascinée par le réseau lumineux que formaient les constructions humaines dans la nuit. Les villes, les villages, les routes, les bateaux. L’enfant en moi y voyait un filigrane d’or vieilli d’une beauté irréelle. L’adulte coupable pensait à un lichen nitrophile recouvrant la surface terrestre chaque jour un peu plus, sa terrible beauté symptomatique de notre action.

Puis je me suis demandée : « Où sont les voitures ? Est-ce que tu les vois bouger ? » et j’ai fixé les routes à la recherche d’un mouvement. Tout semblait figé, jusqu’à ce qu’un effort supplémentaire de concentration me permette de distinguer l’avancée d’un véhicule. Lent, si lent, tellement lent qu’il semblait immobile. Par un jeu de perspective quasi-inversée, je me suis revue petite, terrifiée dans mon lit à l’idée de l’infini, de l’univers, de ce qu’il impliquait quant à la valeur de nos existences.

Il y a longtemps, je crois avoir lu que dans certains moments de grands dangers, les êtres humains percevaient soudain quelques secondes comme une éternité. Un étirement du temps qui leur permettrait quoi, déjà ? De pouvoir réagir ? De s’ajuster à leur propre mort, le fameux « voir sa vie défiler devant ses yeux » ?

Là-haut, voir cette voiture progresser comme pousse un brin d’herbe m’a procuré un inexplicable réconfort. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être que je l’ai pris comme un rappel que tout ce qui paraît trop rapide peut être ralenti, même nos vies qui paraissent si petites.


David, dreaming of bigger trees

Publié le: 31 octobre 2017 | Auteur: | Classé dans: Plus belle la vie | Tags: , | 4 commentaires »

Estelle découvre les basiques de l’histoire de l’art, tsé. Ce post sert à rien (et – ironie vu le sujet – il est très mal fait). Je perds mon temps à faire n’importe quoi, alors que du temps, j’en ai pas tant que ça, vu que j’ai DÉJÀ UN JOB. Hier, j’ai quand même tapé « corbeaux rassemblement paris » dans Google, et j’ai cliqué sur 4 ou 5 liens différents pour savoir pourquoi la veille j’avais vu un paquet de corbeaux (vingt-quatre, quand même. VING. QUATRE) sur le toit de l’immeuble d’en face au petit matin. J’ai fini par abandonner ma quête, jugeant que c’était quand même pas la peine de de perdre tout ce temps à chercher une réponse aussi triviale. Du coup, tout ce que j’ai appris, c’est que les corbeaux aimaient le groupe (ok, Sherlock) et qu’ils avaient une super mémoire. Du genre : si vous leur faites du mal un jour, ils vont s’en souvenir, vous RETROUVER et vous TRAQUER, et même TRANSMETTRE L’INFO A LEURS CAMARADES. Liam Neeson dans Taken à côté, c’est un mec qui a zéro suite dans les idées. Bref. J’imagine qu’il y a une morale à tirer de cette requête google avortée mais j’ai la flemme (j’imagine qu’il y a une morale à tirer de cette phrase pas terminée mais j’ai – OH ÇA SUFFIT, OUI ? J’EN AI MARRE, REMBOURSEZ !!).

Bref. Il aurait été judicieux de mettre en ligne cette histoire avant que la rétrospective David Hockney au Centre Pompidou se termine, mais j’ai pas réussi. C’est pas grave.

Je vous laisse avec 80 petits films que le réalisateur Bruno Wollheim a mis en ligne gratuitement pour les 80 ans de David Hockney en 2017.


Quand soudain, une surprise vous met en joie.

Publié le: 16 octobre 2017 | Auteur: | Classé dans: Plus belle la vie | Tags: , , | 2 commentaires »

J’adore quand je me fais de petites surprises. Comme par exemple : quand j’achète un pot de gros cornichons au magasin, que j’oublie l’avoir acheté, et que le lendemain, je tombe dessus en ouvrant le frigo. « HAN !!! MERCI ESTELLE D’HIER, C’EST TROP SYMPA D’AVOIR PENSÉ À MOI !! » « De rien, Estelle d’aujourd’hui, ça me fait très plaisir… » Peut-être aussi que ça cache des problèmes de mémoire, allez savoir, m’enfin l’essentiel, c’est que ça m’embellisse la vie, hein ouais ?

Alors bon, je sais, c’est un peu triste d’avoir attendu l’âge de 37 ans pour assumer ses poils d’aisselles à la piscine, mais vieux motard que jamais, n’est-ce pas ? Je dis bien « à la piscine », car je sais pas si j’oserais les sortir dans une soirée chic, par exemple (non pas que j’aille à beaucoup de soirées chic, m’enfin j’anticipe, voyez ?)…

Sans transition, je vous laisse avec cette bien jolie version de Never Be Mine, d’Angel Olsen, et je vous souhaite un bien bon lundi <3 :


Soustractions – Épisode 1

Publié le: 6 octobre 2017 | Auteur: | Classé dans: Souvenirs à Tata Estelle | 9 commentaires »

Après des années à ne jamais vraiment parler de choses intimes, j’ai ressenti cet été le besoin d’explorer certains trucs que j’ai vécus et dont j’essaie encore aujourd’hui d’éliminer les traces. Des traces de pneu. DES GROSSES TRACES DE CACA QUI PUE. Han zut, j’ai encore pas réussi à écrire une note sans parler de caca :'(

Bref, je ne sais pas quand la suite arrivera, car celui-là m’a déjà pris looooongtemps, mais stay tuned, restez branché sur le canal de ma cibi. Yay. Etrangement, je crois que cette note va bien avec celle-ci.

PS: ça va, les textes sont lisibles ou c’est trop petit ? Si c’est trop petit, dites-moi, j’essaierai de faire quelque chose.

Avec ça, une chanson à peu près d’époque. J’avais le postère dans ma chambre, je me souviens :

Et puis une pas d’époque, parce que j’écoute beaucoup l’album en ce moment :


Attentes vs Résultat

Publié le: 3 août 2017 | Auteur: | Classé dans: Confessions Intimes | Tags: , | Aucun commentaire »

Ah, je vous jure… Travaille, au lieu de te plaindre, ESTAYL !!

Ça me rappelle ce moment douloureux au collège, quand notre prof d’art plastique nous a confié comme mission de faire une tache d’encre sur une feuille, puis de repartir chez nous créer quelque chose à partir de ça. Alors moi je me suis dit : « HAN SUPER ! La mienne on dirait un dinosaure. Je vais… Je vais en faire un dinosaure-ROBOT. Oui. Un… dinobot ! ». Après quoi, je me suis dit : « Suffit que je récupère de vieilles résistances sur la carte-mère de mon walkman* qui marche plus, ensuite je les colle sur le ventre de mon dinosaure, et ensuite j’ajouterai des volcans en éruption et une faune luxuriante en arrière-plan et bim bam bam, salut la sci-fi, le génie de l’art a encore frappé. » Ok, bon. Admettons. Mais pour réaliser cette vision digne de Jurassic Park vs Transformers : l’affrontement final, j’ai attendu le JOUR-MÊME du rendu. Pourquoi ? Parce que je rendais toujours tout à la dernière minute. Pourquoi ? Parce que j’étais un peu nonchalante. DONC. Me voici à la pause-déjeuner en train de démonter à toute vitesse les résistances de ma carte-mère avec… un couteau-suisse piqué dans le bureau de mon père. Et que croyez-vous qu’il arriva ? La lame du couteau s’est prestement rabattue sur la chair encore tendre de mon index adolescent, il a fallu foncer chez le toubib me faire recoudre le doigt, l’anesthésie a même pas marché, et en plus, le prof a pas été sensible à la fulgurance de mon œuvre. Moralité ? Trop de leçons à tirer de cette histoire. Choisissez la vôtre. #moraleinteractive #disruptiontotale

ALLEZ, SALUT LES ARTISTES ! N’ABANDONNEZ JAMAIS VOS RÊVES ! MAIS RESPECTEZ LES BONNES PRATIQUES DE SÉCURITÉ EN LES RÉALISANT ! Signé : Mamie ISO.

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* Et alors ? Tout le monde peut pas être né-e après 1990 !!